pouces

par revuespam

RS : Que pensais-tu des œuvres néo-constructivistes que Denise René et d’autres exposaient ? Tu avais des affinités avec cela ?

EK : Non, je n’aimais pas. Cela ne me parlait pas. De toutes façon, je pense que ce groupe de peintres autour de Denise René ne nous aimait pas trop, Jack Youngerman et moi. Je t’ai raconté l’histoire ?

RS : Non.

EK : Nous allions parfois dans la galerie de Denise voir ce qui se faisait. Il y a avait plusieurs artistes que j’aimais bien. Il y avait aussi un sculpteur, Robert Jacobsen. En tout cas, un jour que Jack et moi étions allés ensemble voir une exposition, Denise nous dit : « Pourquoi n’apporteriez-vous pas quelques tableaux pour les montrer à mes artistes ? Je verrai si je peux faire quelque chose pour vous. Je ne vous prendrai pas s’ils ne vous aiment pas. » C’était vers 1949 ou 1950. Je venais de faire mes peintures blanches en relief. C’était un début, tu sais. Il y avait là une quinzaine d’artistes ; ils ont regardé nos œuvres et après les avoir examinée pendant un moment, l’un d’eux a dit : « Nous sommes prêts », et ils ont tous baissé le pouce.

Ellsworth Kelly, entretien avec Robert Storr (Ellsworth Kelly, Les Cahiers, Fondation Louis Vuitton)

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