mur

par revuespam

C’est justement parce que la poésie d’aujourd’hui n’a plus de lecteur qu’elle est meilleure que celle du passé – et si proche du langage courant qu’elle y disparaîtrait complètement si ses quelques lecteurs ne la maintenaient pas dans l’intervalle symbolique qui en fait de la poésie (comme un mur peint en jaune par Olivier Mosset n’est pas un mur peint en jaune dans votre appartement).

Quand je dis qu’elle est meilleure, je ne parle pas de la qualité littéraire, mais de la manière dont les goûts nous sont familiers. La poésie d’aujourd’hui a le goût de petit suisse. C’est une sensation qu’on connait et qu’on identifie. La poésie du passé a le goût d’une recette oubliée – de la cuisine romaine ou d’un plat du moyen-âge. Le genre de choses dont on peut avoir une idée mais dont on ne connaitra jamais la sensation réelle.

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