golem

par revuespam

Il y a des gens, beaucoup de gens, qui voient les peintures comme des images. Et bien sûr ils ont à la fois raison et tort. Ils ont raison parce qu’une peinture qu’on a vu en photo n’est souvent pas si différente dans la réalité, que les peintures sont faites pour être prises en photo et vues par un maximum de personnes. On peut d’ailleurs penser que les tableaux ne sont rien d’autre que des images « originales » faites à la main – et qui ont pour cette raison une plus grande valeur (financière et symbolique). Et ils ont tort, non parce que l’œuvre posséderait une aura particulière dans son milieu naturel, mais parce qu’elle ferait preuve d’une certaine personnalité – indépendante de celle de son créateur, perceptible « sur pièce » mais aussi (dans le meilleur des cas) dans les reproductions photographiques.

Que les peintures aient une personnalité implique qu’on ne peut plus voir une ligne droite comme l’expression d’une rigueur, ni une coulure comme le symptôme d’un laisser-aller. Que « ligne droite » et « coulure » sont leur propre expression et ne renvoient en rien à la moralité esthétique de l’artiste. C’est assez important parce que, dans ce cas, le travail du peintre ne consiste plus à traduire plastiquement, par une manière personnelle ou impersonnelle, ses intentions artistiques, mais plutôt à réunir les conditions nécessaire à la naissance d’une entité – capable, lors de sa création, de souffler à son créateur les caractéristiques formelles de son existence.

Philip Guston, The Canvas, 1973 oil on canvas 67 x 79 inches

Philip Guston, The Canvas, 1973

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