neutre

par revuespam

J’aimerais être capable d’écrire quelque chose de beau, quelque chose de valable, d’inspirant. L’inspiration est quelque chose qu’on se refile, une maladie qui voyage dans l’espace et le temps. Quelque chose qui nous abandonne, aussi, et dont on recherche désespérément la trace. Je crois en l’inspiration parce qu’elle s’est absentée de ma vie.

Je suis un piètre poète d’amour, parce que j’échoue toujours à m’attacher aux circonstances. Le poème me paraît détaché de tout sujet, de toute circonstance. Écrire un poème d’amour, c’est faire double emploi de la poésie (qui fait déjà double emploi du langage). Lui donner un pouvoir, un but, alors qu’elle n’a ni l’un ni l’autre. Le poème fonctionne simplement pour lui même, et c’est en fonctionnant dans ses propres circonstances qu’il produit un phénomène d’identification. Pourtant, j’aimerais trouver une manière de faire entrer ma vie dans les circonstances du poème.

« Je vais simplement m’habiller comme tout le monde » = je vais écrire des poèmes dans le style de tout le monde, copier un peu tout ce qui se fait – parce que c’est la seule manière d’exister. C’est parce que je ne suis personne en particulier que je peux utiliser la première personne du singulier.

Publicités