neige (2)

par revuespam

le poème que j’aime le moins
est une description du poème
en trois lignes

(il se termine et il faut l’aimer
comme la neige
qu’on repousse avec une pelle
sur les bords)

« Faire un régime de bananes », ou « se maintenir dans une forme ordinaire pour n’atteindre aucun objectif spirituel particulier ».

Tout le problème est là. La poésie du sport, essentiellement métaphorique, ne contient pas toute la réalité. Le hooliganisme est un genre de débordement en prose qui s’appuie sur le prétexte d’un affrontement sportif pour le transposer dans la réalité du supporter. Là les coups sont réels, la métaphore ne suffit plus. On oublie la poésie (l’affrontement symbolique), ou plutôt : on se souvient de la poésie.

Dans la vie, il n’y a rien de génial. Il n’y a que dans l’art que le génie existe. Dans la vie, même les moments géniaux ne sont pas géniaux. Ils sont la vie, ils sont vécus, c’est tout. Le génie est une construction de l’art qui nous fait croire au génie de la vie. Mais ce génie n’existe pas. Presque toute l’intensité de la vie est une illusion qui vient de l’art (du cinéma, de la musique et de la pub). Alors comment interpréter les activités artistiques ?

La question est maintenant la suivante : quelles sont les œuvres d’art réellement géniales qui, sans essayer de nous faire croire à la génialité de la vie, nous donnent au moins le sentiment qu’elle vaut la peine d’être vécue ?

(textes inédits repêchés au hasard dans des fichiers de 2016-2017)

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